Techniques de massage cardiaque et bouche-à-bouche pour SST et secouristes sportifs

Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un salarié formé pour intervenir rapidement en cas d’accident ou de malaise sur le lieu de travail. Sa mission principale : réaliser les gestes de premiers secours avant l’arrivée des secours professionnels. Parmi ces gestes, le massage cardiaque et la ventilation artificielle (bouche-à-bouche) sont essentiels pour maintenir en vie une victime d’arrêt cardiaque.

Mais maîtriser ces techniques demande plus que de la bonne volonté. Il faut connaître le bon rythme, adopter les bons gestes, et savoir s’adapter à chaque situation. Cet article détaille précisément ce que le SST doit savoir et faire pour intervenir efficacement.

Qu’est-ce qu’un SST exactement ?

Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un salarié formé à intervenir rapidement en cas d'accident ou de malaise sur le lieu de travail. Sa mission ne se limite pas à appeler les secours : il est formé pour agir immédiatement, effectuer les gestes de premiers secours, mais aussi pour prévenir les risques professionnels dans son environnement. Contrairement au simple témoin ou au citoyen formé au PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1), le SST intervient dans un cadre réglementé, avec une formation spécifique orientée sur le monde professionnel.

La formation SST est encadrée par l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) mais aussi par des organismes agréé comme la CNFSE et dure généralement 14 heures. Elle comprend à la fois des gestes techniques (massage cardiaque, bouche-à-bouche, défibrillateur) et des modules de prévention des accidents en entreprise. Une fois validée, la certification est valable 24 mois, au terme desquels une mise à niveau est obligatoire. Le SST est donc un acteur à part entière de la sécurité au travail, reconnu par le Code du travail. Formez-vous ici

En quoi le SST est-il différent d’un autre secouriste ?

Si les gestes appris sont proches de ceux enseignés dans les formations grand public, le SST est avant tout opérationnel dans l’entreprise. Il connaît les risques propres à son secteur (produits chimiques, travail en hauteur, machines, etc.), sait adapter sa conduite aux protocoles internes, et a reçu un enseignement centré sur la responsabilité en milieu professionnel. Il agit avant l’arrivée des secours, mais aussi en lien avec les responsables HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) ou le service RH.

Comment repérer un arrêt cardiaque : les premiers gestes ?

Lorsque la scène se présente — un salarié effondré, inconscient, immobile — le SST doit intervenir sans délai. Il s’approche, interpelle la victime d’une voix claire, la stimule par une pression à l’épaule. Si aucune réaction ne se manifeste, il vérifie aussitôt la respiration. Cela passe par la libération des voies aériennes : basculer la tête en arrière, soulever le menton, observer la poitrine, écouter un souffle. Si la victime ne respire pas normalement (ou ne respire plus du tout), le diagnostic est posé : arrêt cardiaque suspecté.

Dès ce moment :

  • Le SST appelle ou fait appeler les secours (15, 18 ou 112),
  • Il demande un défibrillateur si l’entreprise en est équipée,
  • Il commence immédiatement le massage cardiaque.

Chaque minute compte. Les chances de survie diminuent de 10 % toutes les 60 secondes sans intervention. La force du SST réside dans sa rapidité d’analyse, sa capacité à agir sans panique, et sa connaissance du protocole.

Compression thoracique : gestes précis et efficacité

compression thoracique

Le massage cardiaque, cœur de la réanimation

Le massage cardiaque est l’acte central de la réanimation cardio-respiratoire. Le SST place la victime sur un plan dur, s’agenouille à côté d’elle et positionne ses deux mains au centre du sternum, bras tendus, épaules à l’aplomb. Les compressions doivent être fermes et profondes, environ 5 à 6 cm, à une fréquence de 100 à 120 compressions par minute. Ce rythme correspond à 2 pressions par seconde, sans interruption.

Après chaque compression, il est essentiel de laisser la poitrine revenir à sa position initiale, pour permettre au cœur de se remplir à nouveau. Un massage mal réalisé — trop lent, trop léger, ou avec des pauses fréquentes — n’assure pas une circulation sanguine suffisante.

Ce que le SST doit retenir

  • Le massage doit être ininterrompu, sauf pour les insufflations ou l’usage du DAE.
  • Il est conseillé de changer de sauveteur toutes les 2 minutes pour maintenir l’efficacité.
  • Les compressions doivent être perpendiculaires au sternum, sans à-coup ni flexion des coudes.

Un bon massage cardiaque peut maintenir un flux sanguin minimal vers le cerveau et les organes vitaux, en attendant une éventuelle défibrillation.

Ventilation bouche-à-bouche : assurance respiratoire

Le massage permet de faire circuler le sang, mais ne l’oxygène pas. Sans respiration artificielle, le sang devient rapidement appauvri en oxygène, ce qui réduit considérablement les chances de récupération neurologique. Le rôle de la ventilation est donc d’apporter cet oxygène manquant à travers des insufflations buccales.

Pour réaliser un bouche-à-bouche :

  • Le SST bascule la tête de la victime en arrière, pince le nez, et place sa bouche hermétiquement sur la sienne.
  • Il souffle lentement pendant une seconde, observe si la poitrine se soulève, puis laisse l’air s’échapper naturellement.
  • Il renouvelle l’opération une deuxième fois, puis reprend immédiatement les compressions thoraciques.

Ce cycle de 30 compressions pour 2 insufflations constitue la base de la RCP complète chez l’adulte. En cas de refus ou de danger (sang, vomissements), le SST peut privilégier les compressions seules, ce qui reste préférable à une mauvaise ventilation.

Adapter selon les victimes : de l’adulte à l’enfant

Pourquoi l’âge et la morphologie comptent

Un nourrisson ne se réanime pas comme un adulte. La profondeur des compressions, la position des mains, la façon de ventiler changent selon la taille et la fragilité de la victime. Le SST, même en entreprise, peut être amené à intervenir sur des enfants — dans les crèches, cantines ou zones ouvertes au public.

Comment adapter la RCP selon l’âge

  • Adulte : 2 mains, 5-6 cm de profondeur, 30 compressions / 2 insufflations.
  • Enfant (1 à 8 ans) : 1 main, 4-5 cm, même cadence.
  • Nourrisson : 2 doigts au centre du sternum, 3-4 cm, ventilation bouche-nez.

Dans tous les cas, le rythme doit rester élevé, la coordination entre massage et ventilation précise, et les interruptions réduites au strict minimum.

Défibrillation : compléter sans perdre de temps

Le DAE : un outil accessible à tous

Le Défibrillateur Automatisé Externe guide le sauveteur par instructions vocales simples. Dès qu’il est disponible, le SST l’utilise en parallèle du massage cardiaque, sans attendre les secours. Il déshabille le torse de la victime, colle les électrodes comme indiqué, et suit les consignes de l’appareil.

Si un choc est conseillé, il s’écarte, prévient les autres, et appuie sur le bouton. Le massage est ensuite repris immédiatement.

Ce qu’il faut retenir

  • Le DAE n’annule pas le massage cardiaque.
  • Son usage doit être précoce, sans retarder les compressions.
  • Même si aucun choc n’est conseillé, le massage doit continuer jusqu’à l’arrivée des secours.

Organisation et coordination : votre rôle de SST

Être SST, c’est aussi savoir coordonner une intervention. Lors d’un arrêt cardiaque, le stress est élevé, les témoins sont désorganisés. Le SST doit prendre l’initiative, déléguer certaines tâches, rassurer l’entourage et maintenir la cohérence de l’intervention. Il ne s’agit pas seulement de gestes techniques, mais aussi de gestion humaine.

Une fois la victime prise en charge :

  • Le SST note les faits : heure, actions réalisées, état de la victime.
  • Il participe à un débriefing, surtout si plusieurs collègues ont assisté à la scène.
  • Il veille à l’état émotionnel de chacun, y compris le sien.

Cette posture professionnelle fait partie intégrante de sa mission. C’est aussi ce qui distingue un SST formé d’un simple témoin.

Conclusion

Maîtriser le massage cardiaque et le bouche-à-bouche ne s’improvise pas. Pour un SST, ces gestes sont au cœur de son rôle : ils permettent de gagner de précieuses minutes face à un arrêt cardiaque, en attendant l’arrivée des secours. Mais au-delà de la technique, c’est la capacité à garder son calme, à agir vite, et à coordonner l’intervention qui fait la différence.

Se former au sauvetage secourisme du travail, c’est acquérir des compétences concrètes, reconnues, directement applicables en entreprise. Et c’est aussi, parfois, faire la différence entre la vie et la mort.

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