Alors que le Tour de France vient à peine de s’achever sur les Champs-Élysées avec le sacre d’un Tadej Pogacar au sommet de son art, l’attention du monde du cyclisme bascule déjà vers un autre monument du calendrier : la Vuelta 2025. Cette 90ᵉ édition s’annonce comme un moment-clé de la saison, riche en symboles et en affrontements prometteurs. Plus qu’une course de trois semaines, la Vuelta représente un laboratoire d’intensité où se révèlent de nouvelles stratégies, où se confirment les champions, et où s’écrit chaque année une part de l’histoire du cyclisme moderne. Pour les passionnés, les suiveurs avertis et les néophytes désireux de mieux comprendre les enjeux à venir, la Vuelta 2025 mérite déjà toute leur attention.
Une édition anniversaire au goût particulier
Organisée pour la première fois en 1935, la Vuelta a su évoluer, gagner en crédibilité et se démarquer des autres Grands Tours par son caractère explosif, ses arrivées spectaculaires et son calendrier post-estival. La 90ᵉ édition n’a pas seulement une valeur symbolique : elle marquera aussi un jalon dans l’évolution de la course. Les organisateurs de l’Unipublic, en partenariat avec ASO, promettent un parcours innovant, mêlant montagnes abruptes, contre-la-montre technique et étapes propices aux puncheurs. En somme, tout ce qui fait de la Vuelta une épreuve à part, moins prévisible mais toujours palpitante.
Si les détails officiels du tracé ne sont pas encore totalement dévoilés, on sait déjà que les grandes lignes respecteront la philosophie actuelle : des efforts courts mais violents, une entrée rapide dans le vif du sujet et des décisions qui peuvent se faire dès la première semaine. De quoi ravir les coureurs offensifs et les spectateurs en quête de suspense.
Jonas Vingegaard, déjà dans la bataille
C’est sans doute l’annonce la plus marquante à ce stade : Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour de France, a confirmé sa participation à la Vuelta 2025. Après une saison tronquée en 2024 à la suite de sa chute au Tour du Pays Basque, le Danois de la formation Visma-Lease a Bike a brillamment reconquis son maillot jaune cet été, prouvant qu’il reste l’un des maîtres du cyclisme de Grand Tour.
Sa présence sur la Vuelta est lourde de sens. D’abord parce qu’il entend renouer avec la course espagnole après y avoir déjà brillé dans les étapes de montagne. Ensuite, parce qu’il vise le rare doublé Tour-Vuelta, réussi par très peu de coureurs dans l’histoire. L’annonce de sa participation rehausse immédiatement le niveau attendu de la compétition, plaçant la barre très haut pour ses rivaux.
Pogacar : suspense autour de sa participation
De son côté, Tadej Pogacar, vainqueur impressionnant du Tour de France 2025, n’a pas encore communiqué sur sa présence à la Vuelta. Le Slovène, qui a opté pour une saison davantage focalisée sur le Giro et les classiques par le passé, semble en pleine possession de ses moyens, mais pourrait opter pour un calendrier plus sélectif en fin de saison.
Si Pogacar venait à participer, le duel attendu avec Vingegaard tiendrait toutes ses promesses : deux coureurs aux profils diamétralement opposés, deux mentalités tactiques, deux philosophies de la course qui se confrontent dans un décor aussi imprévisible que celui de l’Espagne. L’enjeu serait alors colossal, non seulement pour le classement général, mais aussi pour marquer durablement l’empreinte de leur génération sur le palmarès des Grands Tours.
Une concurrence ouverte et affûtée
Au-delà de ces deux géants, la Vuelta 2025 devrait offrir une plateforme d’expression à de nombreux coureurs ambitieux. Remco Evenepoel, qui a déjà inscrit son nom au palmarès de l’épreuve en 2022, pourrait revenir avec l’envie de reconquérir son trône. Carlos Rodríguez, étoile montante du cyclisme espagnol, aura à cœur de briller devant son public, tandis que João Almeida ou Geraint Thomas, s’il prolonge sa carrière, pourraient aussi faire parler leur science de la course.
Les équipes elles-mêmes joueront un rôle majeur dans l’issue du classement général. Entre Ineos, UAE Emirates, Soudal Quick-Step ou encore Bora-Hansgrohe, le plateau technique promet d’être relevé. Le travail des équipiers sur les pentes d’Andalousie ou dans les vents de Castille sera aussi crucial que les attaques de leurs leaders.

Un format favorable au spectacle
Ce qui fait le sel de la Vuelta, au-delà de son parcours, c’est bien son format volontairement dynamique. Avec des étapes rarement supérieures à 200 km et des arrivées au sommet quasiment dès la première semaine, la course pousse les leaders à se dévoiler tôt. Moins contrôlée que le Tour ou le Giro, elle est souvent le théâtre de rebondissements et de séquences tactiques audacieuses. Cela contribue à maintenir l’intérêt jusqu’à Madrid.
Le retour annoncé d’une étape reine en haute altitude dans les Asturies, ainsi que l’ajout possible d’un contre-la-montre en milieu de course, laissent présager une édition équilibrée entre efforts individuels et explosivité collective.
Une audience en pleine expansion
Enfin, il convient de souligner la montée en puissance médiatique de la Vuelta. Grâce à son calendrier post-Tour, elle bénéficie d’une audience captive, avide de prolonger l’été cycliste. Les chaînes sportives internationales, les plateformes de streaming et les réseaux sociaux renforcent la visibilité de l’épreuve. Cela se traduit également par une affluence croissante sur les routes, notamment dans le nord de l’Espagne, très attaché à son patrimoine cycliste.
Pour les fans, suivre l’édition 2025 sera aussi une occasion d’explorer de nouvelles régions, de redécouvrir les traditions espagnoles à travers l’itinéraire et de plonger dans un univers où la passion du vélo est omniprésente.



